Cette page rassemble quelques repères simples pour aider à parler et à s'adresser aux autres de manière cohérente en jeu. Elle s'adresse avant tout aux personnages issus du peuple : serfs, alleutiers, artisans, mercenaires, petits commerçants et individus de condition comparable. Elle n'a pas vocation à apprendre aux joueurs à "parler ancien".
Pour parfaire la manière de parler des personnages, il est également possible d'ajouter quelques expressions régionales propres à chacun consultables au sein du lexique d'expressions régionales.
Parler de manière immersive ne signifie pas parler de manière soutenue.
Pour la plupart des personnages joués, une langue simple, polie et adaptée à l'interlocuteur est parfaitement suffisante.
➤ "Je crois que vous vous trompez."
est une formulation tout à fait adaptée.
Il n'est pas nécessaire de la transformer en :
➤ "Je gage que votre jugement ne saurait être entièrement conforme à la réalité."
Le vouvoiement, les termes d'adresse, la retenue et la manière de formuler une demande suffisent généralement à faire sentir les rapports sociaux.
Il vaut toujours mieux employer une phrase simple correctement qu'une formule recherchée dont on maîtrise mal le sens.

La règle la plus simple est la suivante :
en cas de doute, vouvoyez.
Le vouvoiement est naturel :
Le tutoiement apparaît surtout :
Deux serfs ou deux alleutiers ne se tutoient donc pas automatiquement simplement parce qu'ils appartiennent tous deux au peuple.
➤ "Vous êtes d'ici ?"
➤ "Vous cherchez quelqu'un ?"
➤ "Vous travaillez au port ?"
➤ "Tu viens avec nous ?"
➤ "T'as encore oublié tes affaires ?"
➤ "Attends-moi ici."
La familiarité peut naturellement apparaître plus ou moins vite selon les caractères et les circonstances.

Pas systématiquement.
Entre gens du peuple, Monsieur et Madame ne constituent pas les appellations ordinaires de chaque rencontre.
Un serf n'a aucune raison de dire "Monsieur" à chaque autre serf croisé dans la rue.
Un simple salut et le vouvoiement suffisent très souvent :
➤ "Bien le bonjour. Vous sauriez où trouver l'auberge ?"
➤ "Pardonnez-moi, vous étiez là hier soir ?"
➤ "Vous avez besoin d'aide ?"
Monsieur et Madame prennent davantage de sens lorsqu'on s'adresse :
à quelqu'un manifestement de meilleure condition ;
Ainsi, l'appellation permet aussi de faire sentir la différence de condition.

Il n'est pas obligatoire de donner un titre à un inconnu.
Très souvent :
➤ "Bien le bonjour."
➤ "Pardonnez-moi."
➤ "Vous sauriez m'indiquer le chemin ?"
suffisent parfaitement.
Lorsque l'on souhaite interpeller directement quelqu'un, plusieurs appellations populaires existent.
Peut être employé envers un homme du peuple, généralement sans forte marque de rang.
➤ "Bien le bonjour, bonhomme."
➤ "Vous attendez quelqu'un, bonhomme ?"
Selon le ton, le terme peut être cordial, neutre ou légèrement rude.
Equivalent courant pour une femme du peuple.
➤ "Bien le bonjour, bonne dame."
➤ "Pardonnez-moi, bonne dame, vous sauriez où se tient le marché ?"
Le terme n'implique pas que la personne appartienne à la bourgeoisie.
Ces termes marquent davantage une forme de proximité populaire.
Ils conviennent mieux entre personnes de condition comparable lorsque le ton est cordial ou familier.
➤ "Alors, compère, toujours ici ?"
➤ "Vous avez entendu les nouvelles, commère ?"
Ils sont moins appropriés face à une personne avec laquelle aucune familiarité n'est permise.

C'est l'une des habitudes les plus simples et les plus naturelles.
Lorsque la fonction d'une personne est connue ou évidente, on peut directement employer son métier.
Exemples :
➤ "Aubergiste, vous avez encore de quoi manger ?"
➤ "Marchand, combien vous en demandez ?"
➤ "Forgeron, vous pourriez regarder cette pièce ?"
➤ "Garde, il y a eu une rixe dans la rue voisine."
Cela ne signifie pas qu'il faut répéter le métier dans chaque phrase.
➤ "Forgeron, vous pourriez regarder ceci ?"
Puis :
➤ "Vous pensez pouvoir le réparer ?"
est parfaitement naturel.
Lorsque deux personnes se connaissent mieux, le prénom remplacera également plus facilement le métier.

Employer le prénom de quelqu'un n'implique pas nécessairement le tutoiement.
Il est parfaitement naturel de dire :
➤ "Pierre, vous pourriez venir voir ceci ?"
➤ "Paul, vous savez où ils sont partis ?"
➤ "Jacques, vous aviez quelque chose à me demander ?"
Le prénom montre simplement que la personne n'est plus une inconnue.
Le passage au tutoiement marque une familiarité supplémentaire.
Il est donc possible de connaître quelqu'un depuis longtemps et de continuer à le vouvoyer selon la relation entretenue.

Certains artisans ou professionnels reconnus peuvent être appelés Maître, lorsque leur statut ou leur expérience le justifie réellement.
➤ "Maître Aubert, vous auriez un instant ?"
➤ "Je vous remercie, Maître."
Il ne convient cependant pas d'appeler automatiquement Maître n'importe quel artisan rencontré.
Un simple :
➤ "Forgeron."
➤ "Tailleur."
ou le prénom connu restent souvent suffisants.

Le clergé bénéficie d'un respect particulier.
Lorsque le titre précis est connu, il doit naturellement être employé.
Pour un prêtre, on peut notamment employer :
Mon Père/Ma Mère (Pour le Completionem) ou Mon pair/Ma Pairesse (Pour le Panthéon)
Père/Mère/Pair/Pairesse + nom
Exemples :
➤ "Mon Père, puis-je vous demander quelque chose ?"
➤ "Pairesse Hortense, pardonnez mon interruption."
➤ "Mon Pair, je ne comprends pas ce passage."
Il n'est pas nécessaire d'adopter soudainement un langage extrêmement soutenu.
Un serf peut parfaitement dire :
➤ "Ma Mère, je crois pas avoir bien compris."
ou :
➤ "Ma Mère, j'ai du mal à y croire."
La différence repose surtout sur le respect et la manière de s'adresser à la personne.

Un érudit reconnu n'est pas nécessairement noble, mais son éducation et sa fonction lui donnent une certaine considération.
Selon sa position, on pourra employer :
Exemples :
➤ "Maître, vous pourriez regarder cette inscription ?"
➤ "Pardonnez-moi, je venais vous apporter les documents."
➤ "Vous pensez que c'est la même écriture ?"
Là encore, parler à un érudit ne signifie pas devoir parler comme lui.

C'est notamment dans ce type de situation que Monsieur et Madame prennent davantage leur sens.
➤ "Bonjour, Monsieur."
➤ "Madame, je venais pour la livraison."
➤ "Pardonnez-moi, Monsieur, je n'avais pas compris."
Le vouvoiement est naturellement de rigueur.
Un personnage du peuple peut néanmoins continuer à parler simplement :
➤ "Monsieur, je peux pas vous livrer ça aujourd'hui."
➤ "Madame, il faudra revenir demain."
➤ "Pardonnez-moi, mais ce n'est pas ce qu'on avait convenu."
Il n'est pas nécessaire de transformer chaque phrase en formulation savante.

Lorsque le titre précis est connu, il doit être employé.
Selon le rang, on pourra notamment employer :
Le vouvoiement est systématique.
➤ "Votre Grâce, les hommes sont revenus."
➤ "Pardonnez-moi, Votre Grâce."
➤ "Avec votre permission, je voudrais ajouter quelque chose."
Il n'est toutefois pas nécessaire de répéter le titre dans chaque phrase.
Dire :
➤ "Votre Grâce, nous avons retrouvé les hommes. Ils étaient près de la route du nord."
est plus naturel que :
➤ "Votre Grâce, nous avons retrouvé les hommes, Votre Grâce. Ils étaient au nord, Votre Grâce."
La déférence doit rester crédible.

Un garde ou un mercenaire n'est pas automatiquement de meilleure caste.
Lorsqu'il agit toutefois dans le cadre de sa fonction, son autorité doit être reconnue.
On peut employer :
Exemples :
➤ "Garde, on vous demande près du marché."
➤ "Capitaine, les autres sont déjà partis."
➤ "Mercenaire, vous pourriez venir voir ça ?"
Un personnage n'a aucune raison de parler à un simple mercenaire comme à un noble.

Un salut peut rester extrêmement simple.
"Bonjour" suffit parfaitement.
Il n'est pas nécessaire d'ajouter trois formules de politesse à chaque rencontre.
➤ "Bien le bonjour."
➤ "Bonjour à vous."
➤ "Ah, vous voilà."
➤ "Bonjour, Monsieur."
➤ "Bien le bonjour, Madame."
➤ "Je vous salue, Ma Pairesse."

Exemples simples :
➤ "Merci. Bonne journée à vous."
➤ "Je vais vous laisser. Portez-vous bien."
➤ "Bon, j'y vais. A bientôt."

Une demande n'a pas besoin d'être compliquée pour être polie.
➤ "Vous pourriez m'aider ?"
➤ "Vous sauriez où il est parti ?"
➤ "Vous avez encore du pain ?"
➤ "Je peux regarder ?"
➤ "Vous en demandez combien ?"
➤ "Attendez, vous pourriez répéter ?"
➤ "Pardonnez-moi, je pourrais vous demander quelque chose ?"
➤ "Pourriez-vous m'aider ?"
➤ "Puis-je vous poser une question ?"
➤ "Auriez-vous un instant ?"
➤ "Je venais vous demander..."
Il vaut mieux écrire :
➤ "Vous pourriez m'aider ?"
que :
➤ "Auriez-vous l'obligeance de m'accorder votre assistance ?"
si le personnage n'a aucune raison de parler ainsi.

Les formes les plus simples sont les plus utiles.
Exemples :
➤ "Merci, c'est bien aimable."
➤ "Grand merci."
➤ "Je vous remercie pour votre aide."
Il n'est absolument pas nécessaire de dire "grand merci" partout.
Un simple "merci" est parfaitement adapté.

Entre gens du peuple :
➤ "Pardon, j'avais pas vu."
➤ "Excusez-moi, je vous avais pas entendu."
Face à quelqu'un de meilleure condition :
➤ "Pardonnez-moi, Monsieur."
➤ "Toutes mes excuses, je n'avais pas compris."

"D'accord" est parfaitement valable.
Il ne faut pas chercher à remplacer tous les mots ordinaires par quelque chose de plus soutenu.

Entre gens du peuple :
➤ "Non."
➤ "Je préfère pas."
➤ "Ça m'intéresse pas."
➤ "Je peux pas."
➤ "Pas aujourd'hui."
➤ "Non, ça ira."
Avec davantage de politesse :
➤ "Je préfère m'en abstenir."
➤ "Pardonnez-moi, mais non."
➤ "Je crains que ce soit impossible."
➤ "Je ne peux pas accepter."
Un serf n'a aucune raison de dire :
➤ "Je ne saurais donner une suite favorable à votre proposition."
simplement parce qu'il ne veut pas acheter quelque chose.

Les expressions courantes sont parfaitement adaptées :
Exemples :
➤ "Je crois qu'on devrait attendre."
➤ "A mon avis, il est déjà parti."
➤ "J'en sais rien, mais ça me plaît pas."
➤ "Peut-être qu'on cherche au mauvais endroit."
➤ "Je dis pas que vous avez tort."
Il n'est pas nécessaire de remplacer systématiquement "je pense" ou "je crois" par des formules plus recherchées.

Le peuple peut parler franchement.
➤ "Je suis pas d'accord."
➤ "Je crois que vous vous trompez."
➤ "Ça tient pas."
➤ "C'est pas ce que j'ai vu."
➤ "J'y crois pas."
➤ "Peut-être, mais ça prouve rien."
➤ "Vous allez un peu vite."
Il n'est pas nécessaire d'être grossier pour être direct.
La même idée peut être formulée avec davantage de retenue :
➤ "Pardonnez-moi, Monsieur, mais je crois pas que ce soit juste."
➤ "Avec tout le respect que je vous dois, c'est pas ce que j'ai vu."
➤ "Mon Père, j'ai du mal à le croire."
➤ "Pardonnez-moi, mais je ne suis pas de cet avis."
➤ "Je voudrais pas vous contredire, mais..."
Le personnage ne devient pas soudainement plus savant.
Il adapte simplement sa manière de parler à celui qui lui fait face.

Un personnage du peuple peut parler simplement et naturellement.
Exemples parfaitement adaptés :
➤ "J'en sais rien."
➤ "Je vais voir."
➤ "Attendez ici."
➤ "Ça devrait aller."
➤ "On ferait mieux de partir."
➤ "J'ai jamais vu ça."
➤ "Paraît qu'ils sont revenus."
➤ "Vous en voulez combien ?"
➤ "Ça vous coûtera trois pièces."
➤ "Je peux pas faire moins."
➤ "Revenez demain."
➤ "Je vous promets rien."
➤ "C'est pas ce qu'on avait dit."
➤ "Faites comme vous voulez."
➤ "Ça me paraît étrange."
➤ "Je voudrais pas vous déranger."
➤ "Je crois qu'il ment."
➤ "Vous avez entendu quelque chose ?"
"J'y retournerais pas à votre place."
Le français n'a pas besoin d'être artificiellement parfait.
Selon le personnage :
➤ "Je ne sais pas."
et :
➤ "Je sais pas."
peuvent tous deux convenir.
Un personnage populaire peut également employer des contractions ou des tournures plus orales.
Il faut seulement éviter d'en faire une caricature.

Serfs et alleutiers ne parlent pas deux langues différentes.
Leur manière de s'exprimer peut être très proche.
La différence se trouve davantage dans leurs habitudes, leur travail et leur degré d'autonomie.
Il pourra naturellement employer des références tirées de son quotidien :
➤ "La terre est trop sèche."
➤ "Les bêtes sont nerveuses depuis hier."
➤ "Si vous partez maintenant, vous rentrerez pas avant la nuit."
➤ "J'ai jamais vu une chose pareille."
➤ "On m'a dit de vous attendre ici."
➤ "Je peux pas quitter mon travail maintenant."
Cela ne signifie pas qu'il est incapable de raisonner ou d'argumenter.
➤ "Si cette porte était ouverte hier et fermée ce matin, quelqu'un est bien passé par là."
reste une réflexion parfaitement naturelle.
Sa plus grande autonomie peut le rendre davantage habitué aux échanges, prix, engagements ou discussions pratiques :
➤ "Je peux vous en vendre deux, pas davantage."
➤ "Vous me paierez le reste plus tard."
➤ "C'est pas ce qu'on avait convenu."
➤ "A ce prix-là, je préfère garder ma marchandise."
➤ "Je veux bien discuter, mais pas travailler pour rien."
Là encore, il ne s'agit pas d'une règle absolue.
Le métier et le vécu du personnage comptent souvent davantage que sa seule caste.

Certains mots paraissent plus anciens ou plus soutenus et sont parfois utilisés uniquement pour leur sonorité.
Ce n'est pas nécessaire.
S'ils sont employés, il faut simplement connaître leur sens.
Tâcher de signifie essayer de, s'efforcer de.
✓ Correct :
➤ "Je tâcherai de revenir demain."
➤ "Tâchez de ne pas vous faire voir."
✗ Incorrect :
"Je tâche qu'il est coupable."
"Tâcher" ne signifie pas penser, croire ou affirmer.
Dans ce type d'emploi, gager signifie être suffisamment assuré de quelque chose pour être prêt à miser dessus.
➤ "Je gage qu'il reviendra."
exprime donc davantage d'assurance que :
➤ "Je crois qu'il reviendra."
Il ne faut pas remplacer systématiquement "je pense" par "je gage".
Guère signifie peu ou pas beaucoup.
➤ "Je n'y crois guère."
➤ "Nous n'avons guère de temps."
Le terme peut être utilisé, mais n'est nullement obligatoire.
Point peut remplacer "pas" dans certaines négations.
➤ "Je ne le connais point."
Mais :
➤ "Je ne le connais pas."
est tout aussi correct.
Il n'est pas nécessaire de mettre "point" partout pour paraître ancien.
Davantage signifie simplement plus, généralement en quantité ou en degré.
➤ "Il nous faut davantage de temps."

Pour conserver un registre cohérent, certaines expressions très contemporaines, ou des anglicismes sont à éviter lorsqu'elles deviennent visibles ou répétitives :
Mais il faut également éviter l'excès inverse.
Ne remplacez pas chaque mot ordinaire par un terme prétendument ancien.
Il n'est pas nécessaire de dire :

Le français parlé en jeu représente la langue hennequine. Il n'est donc pas demandé aux joueurs de reproduire du français médiéval ou de maîtriser un registre littéraire complexe.
Même face à quelqu'un de meilleure condition, la différence repose surtout sur :
Ainsi :
➤ "Monsieur, je crois que vous vous trompez."
est parfaitement suffisant.
Il n'est pas nécessaire d'écrire :
➤ "Monsieur, permettez que je conjecture que votre assertion pourrait souffrir quelques réserves."
De même :
➤ "Mon Père, je comprends pas."
reste plus crédible dans la bouche de nombreux personnages que :
➤ "Mon Père, je crains de ne pouvoir appréhender toute la substance de votre propos."
Le bon langage n'est pas le plus soutenu. C'est celui que votre personnage serait réellement capable d'employer.