Au-delà de l'accent, chaque territoire possède ses propres images, proverbes, jurons, sobriquets et manières de parler du temps, des saisons ou du territoire.
Ces expressions ne constituent pas des langues différentes. Elles donnent simplement une couleur locale au parler d'un personnage. Un Montelan n'a pas besoin de parler constamment de vigne, pas plus qu'un Södertällois ne doit comparer chaque problème à une tempête.
Deux ou trois expressions habituelles, quelques images propres à ses terres et éventuellement un juron récurrent suffisent largement.
Il faut également garder à l'esprit que les différentes populations ont beaucoup circulé, commercé et parfois combattu ensemble. Certaines expressions peuvent donc dépasser les frontières.

La religion participe fortement au langage quotidien.
Les habitants de Monteleone, de Gaçaferi, de Södertälje et des Terres sacrées suivent le Completionem.
Les Hennequins suivent quant à eux le Panthéon.
Cela ne signifie pas que chaque phrase doit contenir une référence religieuse. Les invocations apparaissent surtout dans les jurons, les voeux, les serments ou certaines expressions héritées de l'éducation.
Le Completionem repose notamment sur l'enseignement des trois prophètes.
Prospertia occupe une place particulière dans la spiritualité completionniste et dans ce qui touche à l'humain.
Son nom est probablement celui que l'on retrouve le plus facilement dans les formules générales.
➤ « Prospertia nous garde. »
➤ « Prospertia m'en préserve. »
➤ « Que Prospertia vous accompagne. »
➤ « Prospertia m'en soit témoin. »
➤ « Devant Prospertia, je vous le jure. »
Les deux dernières sont de véritables formules de serment et ne devraient pas être utilisées comme de simples tics de langage.
Rikhard est notamment associé à la découverte du besoin, du vivant et de ce qui permet aux hommes de faire société.
Son nom peut donc apparaître dans des expressions liées à la nécessité, au partage, à la communauté ou à la juste mesure des besoins.
➤ « Rikhard nous garde du manque. »
➤ « Rikhard savait ce dont un homme a besoin. »
Peut être employé lorsqu'une personne se montre excessivement exigeante.
➤ « Ne prenez pas l'envie pour le besoin. »
Formulation populaire directement nourrie de son enseignement.
➤ « Il lui faudrait Rikhard pour compter ses besoins. »
Se dit de quelqu'un qui considère tout ce qu'il désire comme indispensable.
➤ « Un besoin satisfait en appelle parfois deux autres. »
Proverbe populaire pouvant être rattaché à cet enseignement sans invoquer directement le prophète.
Imanéa est particulièrement associée à la dictature des passions et à la recherche de l'ataraxie.
Son enseignement nourrit naturellement les expressions liées à la colère, aux impulsions et à la maîtrise de soi.
➤ « Imanéa vous garde de votre colère. »
➤ « Laissez donc retomber vos passions. »
➤ « Ne donnez pas les rênes à votre colère. »
➤ « C'est la passion qui parle. »
➤ « Il aurait besoin d'écouter Imanéa. »
Se dit d'une personne emportée, furieuse ou entièrement gouvernée par son désir.
➤ « Une décision prise dans la colère appartient d'abord à la colère. »
Les Terres sacrées emploient naturellement davantage ces références que les autres terres completionnistes.

Le langage hennequin se distingue immédiatement par la possibilité d'invoquer les dieux, au pluriel, ou une déité particulière selon la situation. Toutes les déités n'ont évidemment pas besoin d'être invoquées avec la même fréquence.
➤ « Par les dix ! »
➤ « Les dix nous gardent. »
➤ « Que les dix m'en soient témoins. »
➤ « Les dieux seuls le savent. »
➤ « Les dieux vous entendent. »
Mahen étant la démiurge :
➤ « Par Mahen ! »
➤ « Mahen seule sait ce qu'ils ont fabriqué là. »
Phibris étant associé à l'ordre :
➤ « Que Phibris y remette un peu d'ordre. »
➤ « Par Phibris, rangez-moi donc cela. »
Iesis étant associé à l'océan :
➤ « Qu'Iesis nous garde. »
Particulièrement naturel chez des marins.
➤ « Iesis est de mauvaise humeur aujourd'hui. »
Pour parler d'une mer particulièrement mauvaise.
Cimerin étant associé aux cycles :
➤ « Cimerin fera tourner cela aussi. »
L'idée que la situation finira par changer.
➤ « Tout revient avec Cimerin. »
Vyara étant liée à la brise :
➤ « Que Vyara nous donne un peu d'air. »
Les autres déités peuvent naturellement être invoquées par leur nom lorsque cela correspond à la dévotion du personnage, sans qu'il soit nécessaire de leur inventer des expressions systématiques.

Monteleone se trouve au centre et au sud. Son climat et ses paysages sont largement méditerranéens.
Le parler montelan puise volontiers dans :
Les Montelans entretiennent de bonnes relations avec les Gasques, avec lesquels ils ont notamment combattu.
Le souvenir de la guerre contre Södertälje reste en revanche beaucoup moins tendre.
Les Terres sacrées bénéficient d'un profond prestige en tant que berceau du Completionem.
« On ne presse pas une olive verte. »
➜ Il ne sert à rien de précipiter quelque chose qui n'est pas prêt.
« Il compte les olives avant la récolte. »
➜ Il prévoit déjà un bénéfice qu'il n'a pas encore obtenu.
« Laissez retomber la poussière. »
➜ Attendez que les choses se calment.
« Il cherche l'ombre avant d'avoir marché. »
➜ Il cherche le confort avant d'avoir fourni l'effort.
« Même une bonne vigne meurt sans soin. »
➜ Une bonne situation peut être gâchée par négligence.
« Le soleil finit toujours par montrer la tache. »
➜ Une faute finit par être découverte.
« Il verse beaucoup d'huile. »
➜ Il flatte beaucoup.
« Gardez votre huile. »
➜ Gardez vos flatteries.
« Il parle comme un marchand au jour du marché. »
➜ Il parle énormément ou cherche constamment à convaincre.
« La pierre chaude ne refroidit pas d'un souffle. »
➜ Certaines rancunes demandent du temps.
« On a déjà saigné sous le même soleil. »
➜ Peut rappeler une ancienne camaraderie militaire, notamment avec les Gasques.
« Le soleil mord. »
➜ La chaleur devient pénible.
« Le ciel blanchit. »
➜ Une chaleur importante arrive.
« La pierre rend la chaleur. »
➜ La chaleur persiste après le coucher du soleil.
« La terre boit. »
➜ Il pleut après une période sèche.
« Ça sent la pluie sur la pierre. »
« Les collines se couvrent. »
➜ Le mauvais temps approche.
➤ « Bon sang ! »
➤ « Que le ciel nous garde ! »
➤ « Prospertia nous garde. »
➤ « Par Prospertia ! »
➤ « Rikhard nous préserve du manque. »
➤ « Imanéa lui donne patience. »
➤ « Devant Prospertia, je vous le jure. »
Un Montelan peut invoquer les trois prophètes sans avoir pour autant le même rapport très religieux au langage qu'un Farhésien.
Relations généralement familières.
La mémoire de la guerre rend les sobriquets beaucoup moins amicaux.
Les Terres sacrées étant le berceau du Completionem, les termes sont généralement respectueux.
On évitera normalement les sobriquets franchement moqueurs.
Le rapport est globalement neutre.

Södertälje se trouve à l'extrême Est.
Son territoire est fortement marqué par :
Le parler södertällois aime volontiers les images courtes et directes.
Södertälje est sorti victorieux de la guerre qui l'opposa notamment à Monteleone et Gaçaferi.
Les relations avec ces deux royaumes restent donc marquées par cette histoire.
Les Terres sacrées conservent cependant tout leur prestige religieux.
« La mer décide. »
➜ Certaines choses échappent au contrôle des hommes.
« On ne discute pas avec la glace. »
➜ Il faut accepter une réalité évidente.
« Le vent tourne toujours. »
➜ Une situation finit par changer.
« Il rame sans regarder la côte. »
➜ Il agit sans savoir où il va.
« Un homme sans parole est une barque sans quille. »
➜ Une personne qui ne tient pas ses engagements n'est pas fiable.
« La neige couvre, elle n'efface pas. »
➜ Le temps peut cacher une faute mais pas la supprimer.
« Qui craint l'eau reste sur la rive. »
➜ Il faut accepter le risque pour entreprendre.
« Il attend que la mer se vide. »
➜ Il attend quelque chose d'impossible.
« Gardez votre souffle pour la montée. »
➜ Ne vous plaignez pas trop tôt.
« Il a du sel dans le sang. »
➜ Marin expérimenté.
« Un mauvais noeud tient toujours jusqu'au jour où l'on compte dessus. »
➜ Une mauvaise préparation finit par se révéler.
« Le froid prend. »
« La neige tient. »
« Le ciel descend. »
➜ Une forte chute de neige approche.
« La mer fume. »
➜ Brume importante sur les eaux.
« Le vent coupe. »
« La glace est jeune. »
➜ Glace récente et dangereuse.
« C'est de la vieille glace. »
➜ Glace installée et plus épaisse.
« L'Est se ferme. »
➜ Une tempête ou un mauvais temps approche.
➤ « Que la mer l'emporte ! »
➤ « Que le vent le prenne ! »
➤ « Prospertia nous ramène. »
➤ « Que Prospertia garde les nôtres. »
➤ « Rikhard nous donne le nécessaire. »
➤ « Qu'Imanéa vous rende votre calme. »
➤ « Prospertia m'en soit témoin. »
L'idée du retour peut avoir une importance particulière dans un territoire profondément maritime.
Relations mauvaises.
Les Gasques ayant combattu avec les Montelans contre Södertälje, le rapport reste froid ou hostile.
Le rapport est généralement favorable et respectueux.
Même un Södertällois hostile à de nombreux étrangers peut conserver une forte considération pour les Terres sacrées.
Rapport généralement neutre.

Gaçaferi se trouve au nord-ouest.
Son environnement et son parler puisent volontiers dans :
Les Gasques sont completionnistes.
Ils entretiennent une proximité importante avec les Montelans et ont combattu à leurs côtés contre Södertälje.
Cette guerre ayant été perdue, la mémoire södertälloise peut être particulièrement amère.
Les Terres sacrées restent en revanche profondément respectées.
« On ne refuse pas l'eau avant de connaître la route. »
➜ Ne refusez pas une aide trop vite.
« Offre l'ombre avant de poser les questions. »
➜ L'hospitalité précède la curiosité.
« Le vent change les dunes, pas les montagnes. »
➜ Les circonstances changent, certaines choses restent.
« Qui parle la bouche pleine de poussière avale ses propres mots. »
➜ Réfléchissez avant de parler.
« Il compte les pas avant d'avoir chaussé ses souliers. »
➜ Il prévoit trop tôt.
« Un puits se juge lorsqu'il manque. »
➜ On découvre la valeur d'une chose lorsqu'on la perd.
« Même le sable garde les pas quelque temps. »
➜ Les actes laissent des traces.
« Le vent porte les paroles plus loin qu'on ne croit. »
➜ Faites attention à ce que vous dites.
« Une porte ouverte vaut mieux qu'un long discours. »
➜ Les actes d'hospitalité valent mieux que les belles paroles.
« Il connaît le prix, pas la valeur. »
➜ Il ne comprend les choses qu'en fonction de leur argent.
« Nous avons déjà saigné sous le même soleil. »
➜ Peut évoquer la fraternité ancienne entre Gasques et Montelans.
« Le ciel est blanc. »
➜ Très forte chaleur.
« L'ombre raccourcit. »
« Le vent porte la poussière. »
« La terre respire. »
➜ Première pluie après une période sèche.
« L'eau se fait attendre. »
« Le soir tombera frais. »
➤ « Que le vent l'emporte ! »
➤ « Que le ciel nous garde ! »
➤ « Que Prospertia garde cette maison. »
➤ « Prospertia vous garde sur la route. »
➤ « Rikhard nous accorde le nécessaire. »
➤ « Qu'Imanéa vous rende votre mesure. »
➤ « Sous le regard de Prospertia. »
Les références à Rikhard peuvent prendre un sens particulier dans les questions de partage, de besoin et d'hospitalité.
Relations généralement bonnes.
La mémoire de la guerre empêche une véritable sympathie.
Respect important.
Rapport généralement neutre.

Les habitants des Terres sacrées sont appelés Farhésiens.
Les Terres sacrées se trouvent au nord et constituent le berceau du Completionem.
Elles occupent donc une place particulière pour les Montelans, les Gasques et les Södertällois.
Même lorsque les relations politiques sont mauvaises entre ces royaumes, les Terres sacrées restent généralement considérées avec respect et proximité.
Le parler farhésien est fortement marqué par :
Les Farhésiens manifestent en revanche assez peu d'intérêt pour Hennequince.
Lorsqu'ils s'y intéressent, leur regard peut devenir légèrement condescendant ou jugeur, notamment face au maintien du Panthéon.
Il ne s'agit pas nécessairement de haine. L'attitude peut davantage ressembler à celle de gens convaincus que les Hennequins s'accrochent à une conception religieuse ancienne, imparfaite ou confuse.
« Toutes les routes finissent devant une porte. »
➜ Toute entreprise finit par demander une décision.
« On n'entre pas au sanctuaire en courant. »
➜ Certaines choses demandent patience et respect.
« Les cloches sonnent pour ceux qui veulent les entendre. »
➜ Un avertissement ne sert qu'à celui qui accepte de l'écouter.
« Même le pèlerin se trompe de route. »
➜ Une personne respectable peut commettre une erreur.
« La pierre se souvient des pas. »
➜ Les lieux et les hommes conservent les traces.
« Ne jurez pas devant une pierre qui vous survivra. »
➜ Ne promettez pas légèrement.
« Il porte sa faute comme une cloche. »
➜ Sa culpabilité est évidente.
« Une route droite n'empêche pas de marcher de travers. »
➜ Un bon enseignement n'empêche pas les mauvaises décisions.
« Le besoin parle bas, la passion crie. »
➜ Formulation pouvant rapprocher les enseignements de Rikhard et d'Imanéa.
« Celui qui ne sait plus ce dont il a besoin finit par vouloir tout le reste. »
➜ Inspiration de Rikhard.
« Une passion nourrie finit par demander la maison entière. »
➜ Inspiration d'Imanéa.
« A force de chercher dix réponses, certains oublient la question. »
➜ Pique farhésienne assez transparente envers le Panthéon.
« Les vieilles pierres ont parfois beaucoup de dieux. »
➜ Condescendant.
« Ils ont un dieu pour chaque chemin et trouvent encore le moyen de se perdre. »
➜ Moquerie plus franche.
Ces formulations ne sont évidemment pas des vérités religieuses. Elles représentent le regard de certains Farhésiens.
➤ « Le vent porte les cloches. »
➤ « Le ciel se ferme au nord. »
➤ « La pierre garde le froid. »
➤ « Le chemin sera lourd demain. »
➜ La pluie rendra les routes difficiles.
➤ « Les cloches sonnent dans la brume. »
Les trois prophètes interviennent naturellement davantage ici que dans les autres territoires.
➤ « Par Prospertia ! »
➤ « Prospertia nous garde. »
➤ « Que Prospertia vous accompagne. »
➤ « Prospertia m'en soit témoin. »
➤ « Par Rikhard ! »
➤ « Rikhard nous garde du manque. »
➤ « Rikhard lui rappelle le nécessaire. »
➤ « Par Imanéa ! »
➤ « Qu'Imanéa nous garde de nos passions. »
➤ « Imanéa lui donne mesure. »
Dans les Terres sacrées, invoquer directement l'un des trois peut être beaucoup plus naturel qu'ailleurs.
Rapport généralement favorable.
Rapport généralement favorable.
Rapport généralement favorable malgré leur éloignement.
Le vocabulaire peut devenir plus distant ou condescendant.
Un simple :
➤ « Enfin... ce sont des Hennequins. »
peut parfois suffire à transmettre tout le jugement nécessaire.

Hennequince se trouve au sud-ouest.
Ses paysages sont davantage marqués par :
Le parler hennequin dispose naturellement d'un imaginaire différent des territoires completionnistes.
Les relations avec Monteleone, Gaçaferi et Södertälje sont relativement neutres.
Les relations avec les Terres sacrées sont plus froides, notamment en raison de la différence religieuse et du regard parfois condescendant porté sur le Panthéon.
« La brume cache les deux côtés du chemin. »
➜ Il est difficile de savoir ce qui nous attend.
« Toute pierre finit par prendre la mousse. »
➜ Rien ne demeure entièrement inchangé.
« On ne traverse pas une lande en regardant ses pieds. »
➜ Il faut penser plus loin que le problème immédiat.
« Il attend que la pluie demande permission. »
➜ Il refuse une chose inévitable.
« Même un vieux chêne plie dans le mauvais vent. »
➜ Tout le monde possède ses limites.
« Qui quitte le chemin doit connaître la lande. »
➜ Prendre des risques exige de savoir ce que l'on fait.
« La brume n'invente pas les pierres. »
➜ Une chose mal comprise peut néanmoins être réelle.
« Beaucoup de bruit pour peu de pluie. »
➜ Beaucoup d'agitation pour peu de choses.
« Laissez passer l'averse. »
➜ Attendez que la colère retombe.
« Il connaît chaque pierre du chemin. »
➜ Il connaît extrêmement bien une affaire ou un lieu.
« Ce qui pousse dans la lande apprend à plier. »
➜ Les difficultés forment ceux qui y vivent.
➤ « La brume monte. »
➤ « La pluie s'installe. »
➤ « Le froid entre. »
➤ « Les chemins vont boire. »
➤ « Le ciel est bas. »
➤ « Ça sent la neige. »
➤ « La lande sera lourde demain. »
➤ « Par les dix ! »
➤ « Les dieux nous gardent. »
➤ « Les dieux seuls le savent. »
➤ « Que les dieux m'en soient témoins. »
➤ « Bon sang ! »
➤ « Par Mahen ! »
➤ « Que Phibris y remette de l'ordre. »
➤ « Iesis est de mauvaise humeur. »
➤ « Cimerin fera tourner cela aussi. »
➤ « Que Vyara nous donne un peu d'air. »
Un personnage peut naturellement privilégier une déité selon son milieu, son métier, sa famille ou sa dévotion.
Il n'est donc absolument pas nécessaire que tous les Hennequins jurent de la même manière.
Rapport généralement neutre.
Rapport généralement neutre.
Rapport généralement neutre.
La distance religieuse produit davantage de sobriquets.
Une expression comme :
➤ « Laissez donc sonner les cloches. »
peut ainsi signifier :
➜ Laissez-les prêcher.
➜ Laissez-les faire la morale.
➜ Laissez donc les Farhésiens parler.

Ces expressions sont des outils d'ambiance, pas une liste de phrases obligatoires.
Un personnage n'a pas besoin d'empiler les proverbes pour que son origine soit perceptible.
Il suffit généralement de choisir :
Un Montelan qui emploie parfois :
➤ « Laissez retomber la poussière. »
et appelle un Södertällois un :
➤ « Mange-neige »
possède déjà une coloration montelane identifiable.
Un Södertällois qui parle d'une neige qui :
➤ « tient »
jure :
➤ « Par Prospertia ! »
et appelle un Montelan :
➤ « Pied-sec »
fait immédiatement sentir son origine.
Un Gasque qui parle volontiers :
et dit parfois :
➤ « On ne refuse pas l'eau avant de connaître la route. »
n'a pas besoin d'un accent caricatural.
Un Farhésien pourra naturellement employer beaucoup plus facilement :
➤ « Prospertia nous garde. »
➤ « Rikhard lui rappelle le nécessaire. »
ou :
➤ « Qu'Imanéa vous rende votre mesure. »
Sa manière de parler des Hennequins pourra également révéler une certaine condescendance religieuse sans nécessiter la moindre insulte.
Un Hennequin pourra jurer :
➤ « Par les dix ! »
puis invoquer plus précisément :
Mahen, Phibris, Iesis, Cimerin, Vyara ou une autre déité du Panthéon selon son caractère et la situation.
Il pourra également répondre à un Farhésien trop moralisateur par :
➤ « Laissez donc sonner les cloches. »
sans avoir besoin de parler autrement le reste du temps.

Un même mot peut être affectueux, neutre ou insultant.
« Mange-olive » entre un Gasque et un ami montelan peut être une plaisanterie.
Le même terme prononcé avec mépris n'aura plus le même sens.
De même :
➤ « Gens des vieux dieux » peut sembler presque poli dans la bouche d'un Farhésien tout en restant profondément condescendant.
Enfin, les rivalités politiques ne suppriment pas nécessairement la religion commune.
Un Södertällois peut mépriser profondément un Montelan ou un Gasque tout en le considérant comme appartenant à la même grande communauté completionniste. Inversement, un Hennequin peut entretenir d'excellents rapports personnels avec un Farhésien tout en trouvant sa certitude religieuse particulièrement agaçante.