La cuisine hennequine est une cuisine de subsistance, de prévoyance et de foyer. Elle s’est façonnée dans un climat froid, marqué par des hivers longs et rigoureux, où la terre demeure gelée plusieurs mois par an.
Elle privilégie les plats épais, chauds et nourrissants, capables de soutenir l’effort, de réchauffer durablement le corps et d’être conservés ou réchauffés sur plusieurs jours.
Les recettes sont simples, peu transformées, et reposent sur des ingrédients résistants, des techniques de conservation éprouvées et une forte culture du repas partagé autour du feu.

Ragoût emblématique des foyers hennequins, composé de viande de gibier (cerf, sanglier ou bœuf selon les régions), longuement mijotée avec de l’orge, des navets et des herbes sauvages.
Préparé en grande quantité, il est souvent réchauffé plusieurs jours durant, gagnant en densité et en profondeur. Ce plat est associé aux grandes tablées hivernales et aux repas communautaires.
Soupe nourrissante à base de poisson d’eau froide, de légumes racines et parfois de lait ou de crème.
Servie très chaude, elle constitue fréquemment le repas du soir, notamment dans les régions proches des cours d’eau et des lacs.
Plat rustique mêlant morceaux de viande conservée au sel et légumes d’hiver (chou, navet, poireau).
Très répandu dans les foyers modestes, il symbolise la frugalité et la capacité à tirer parti de réserves limitées.
Morceaux de viande longuement fumés puis séchés, consommés froids ou ajoutés aux soupes et ragoûts.
Essentielle pour les voyageurs, les soldats et les habitants isolés, cette préparation permet une conservation prolongée.
Galettes d’avoine ou de seigle, cuites sur pierre ou dans les braises, parfois enrichies de graisse ou de fromage.
Elles accompagnent la majorité des repas et tiennent lieu de pain.

Bouillon léger préparé à partir d’os, d’herbes et parfois de quelques légumes.
Consommé lors des périodes de disette, de maladie ou de fatigue, il est perçu comme un plat de réconfort et de récupération.
Plat saisonnier associant champignons des sous-bois et racines, épaissi avec des céréales broyées.
Apprécié à l’automne, lorsque la viande se fait plus rare.
Préparation épaisse d’avoine cuite à l’eau ou au lait, parfois enrichie de beurre ou de sel.
Repas du matin par excellence, consommé par toutes les classes sociales.
Tranches de pain dense imbibées de bouillon chaud, parfois agrémentées de graisse ou d’herbes.
Plat frugal, courant lors des périodes de pénurie ou chez les foyers les plus modestes.

Choux, navets ou oignons fermentés au sel, consommés en petites quantités pour accompagner les plats lourds.
Ils jouent un rôle important dans l’équilibre alimentaire hivernal.
Graisse animale fondue puis parfumée aux herbes et conservée en pot.
Utilisée pour enrichir les plats et améliorer la satiété durant les mois froids.
Restes de viande cuits puis pris dans un bouillon refroidi.
Préparation utilitaire, consommée froide, courante dans les foyers organisés.

Les desserts sont simples, rarement abondants, et le plus souvent réservés aux fins de repas copieux ou aux jours de célébration.
Préparation froide à base de lait fermenté, agrémentée de baies sauvages et parfois d’un filet de miel.
Servie après les repas importants.
Gâteau rustique d’orge ou d’avoine, sucré au miel et cuit lentement au four de pierre.
Offert lors des mariages, naissances et grandes réunions familiales.
Petites galettes fines, croustillantes, nappées de miel chaud.
Souvent partagées autour du feu en fin de veillée.
Baies ou racines longuement confites dans le miel ou le sirop, conservées pour l’hiver.
Considérées comme une réserve précieuse.
Fromage frais nappé d’un filet de miel.
Douceur simple mais honorable, souvent servie aux invités.